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CE QU'ÉTAIT UN COLLÈGE VERS 1527.

Dans l'ouvrage déjà cité de Quicherat sur le Collège Sainte-Barbe, le chapitre IX du tome 1 est consacré à faire le Tableau d'un collège vers l'an 1500 - Les maîtres et les élèves - Les divertissements - La discipline - La propreté [1].

Nous nous contenterons de relever, dans cet ouvrage qui fait référence en la matière, les traits principaux. Ceci nous permettra de comprendre ce que pouvait être, en plus modeste, le primitif collège de Nevers, établi en 1527 et pour lequel nous n’avons aucun détail matériel.

LA POPULATION DES COLLÈGES.

La structure de ces établissements était beaucoup plus complexe que celle de nos lycées et collèges et les pouvoirs, morcelés et croisés.

Les boursiers étaient presque les égaux du principal qui ne les gouvernait qu'en prenant avis d'un conseil formé de plusieurs d'entre eux. Ce conseil représentait la plus saine partie de la communauté.

Les convicteurs ou portionistes (internes) lui étaient plus soumis car il avait sur eux une sorte de délégation d'autorité paternelle de leurs parents, mais en fait c'étaient plutôt les professeurs ou régents qui l'exerçaient.

Les caméristes, jeunes gens riches, travaillaient sous la direction d'un pédagogue ou précepteur particulier (Voir plus loin l'exemple de Montaigne). Le principal leur fournissait le local, l'instruction de ses classes et le feu pour leur cuisine. Ils se faisaient servir et se nourrissaient à leurs frais. Certains pédagogues pouvaient avoir cinq, six élèves ou plus et parfois engageaient un aide. Ainsi se créaient dans le collège des sortes de petits pensionnats particuliers.

Il y avait aussi des externes libres qui n'avaient affaire qu'avec les régents dont ils suivaient les cours et à qui ils payaient une rétribution convenue au début de chaque année. On les appelait les martinets. Ils n'avaient affaire au principal qu'au moment de passer l'examen de bachelier ou de se présenter à la maîtrise : ils allaient alors se faire délivrer par lui, sur l'attestation de leur professeur, et moyennant finances, un certificat d'études. Mais s'ils ne se présentaient pas à un examen, ils pouvaient (sauf fautes de discipline graves), fréquenter un collège (ou même plusieurs à la fois, comme ce fut le cas à Paris) pendant plusieurs années, sans que le principal les connaisse.

C'était le cas des galoches, sortes de collégiens professionnels, dont les études ne finissaient jamais et qui fréquentaient les cours de divers régents, souvent sans leur payer de rétribution, avec leur autorisation, les professeurs étant sans doute flattés d'avoir parmi leurs élèves ces étudiants très âgés, à la tête parfois couverte de cheveux blancs [2]. On les appelait galoches à cause des "patins" ou "galoches" qu'ils portaient en hiver pour garder les pieds secs à travers les boues du quartier latin.

Turba gallochiferum ferratis pedibus ibat : Galoches pieds – ferrés y couroient à grand’ bandes [3].

Enfin il y avait les domestiques, ceux du collège, ceux des caméristes et ceux des régents, garçons pauvres qui faisaient ce métier pour l'avantage d'apprendre çà et là quelques bribes de latin ou de philosophie, en suivant gratuitement les cours des divers régents au hasard de leurs temps libres [4]. Les romans picaresques espagnols de cette époque nous montrent même que certains étudiants riches se faisaient accompagner dans les cours par un domestique chargé de prendre pour eux des notes. Rappelons que les livres étant rares, les étudiants ne pouvaient travailler que sur les notes et citations de textes prises en cours.

L'AMBIANCE DE VIE DU COLLÈGE 

Le principal qui devait maintenir l'ordre dans ce peuple très hétérogène, tout en enseignant lui-même, dans son collège ou dans une chaire supérieure, avait donc une tâche très difficile d'autant plus que les régents prenaient souvent parti pour les élèves et participaient à leurs "émeutes". Le seul auxiliaire sur lequel il pouvait compter pour le seconder était le portier, gardien de la porte du collège, (unique, conformément aux règlements de l'Université), dont l'importance atteignit des proportions sans égales et qui était le seul à connaître tout le monde et à savoir tout ce qui se passait dans le collège. Les principaux veillaient à le choisir intelligent, vigilant, incorruptible, et doué d'une poigne vigoureuse pour mater les insurrections.

Les régents (sauf un petit nombre sans ambition et passionnés par leur métier), n'exerçaient que pour subvenir aux frais de leurs études. Avec une dispense, ils pouvaient commencer à enseigner à dix-huit ans et arrêtaient avant trente ans. Ils étaient donc relativement très jeunes et très proches de leurs élèves.

Leur contrat d'enseignement était annuel. Le principal s'engageait à leur fournir le vivre et le couvert. Ils ne touchèrent en plus un petit salaire, qu'au temps de François Ier. Leur revenu était seulement la rétribution versée par les élèves, directement, deux fois par an. Ces jours-là les maîtres organisaient à leurs frais un grand dîner avec leurs élèves, accompagné de symphonies de harpes et de flûtes. Ces fêtes ayant toujours lieu le lundi, on les appelait les Grands Lundis, au XVIe siècle elles portèrent le nom de Minervalia. Les lendemains et surlendemains, la fête continuait, les collégiens achevant de vider leurs bourses pour rendre à leurs maîtres, cette politesse.

Tout cela créait des liens, renforcés par la commensalité des portionistes, et par la communauté de nation (province ou ville d'origine). Chaque professeur constituait un véritable clan avec ses élèves dont il se faisait le protecteur, cabalant avec eux contre le principal et devenant leur complice au cours des révoltes et émeutes. S'il était congédié ou changeait de collège, il emmenait souvent avec lui ses élèves martinets ou portionistes.

L'enseignement étant essentiellement oral, les exercices avaient lieu sous la surveillance, soit des régents, soit des bacheliers ou licenciés, pour qui cela représentait un entraînement pour leurs propres examens. Ces "auxiliaires" malgré le règlement de l'Université qui leur imposait la "loi de dénonciation réciproque" (code scolastique) étaient peu portés à dénoncer les infractions de leurs condisciples.

QUESTIONS DE DISCIPLINE

Le régime des collèges avait nettement amélioré les mœurs des escholiers dont les rixes avaient au cours des siècles précédents couvert la montagne Sainte-Geneviève de blessés et de morts. Thurot, décrit ainsi ces débordements [5] : ils fréquentaient les cabarets et les mauvais lieux, rançonnaient impitoyablement les nouveaux venus appelés béjaunes, ils commettaient des crimes qui conduisent aujourd’hui au bagne. Ils s’associaient aux truands et aux malfaiteurs, battaient le pavé en armes, pendant la nuit, violaient, assassinaient, volaient avec effraction. Les fêtes célébrées par les Nations en l’honneur de leurs patrons, au lieu d’être une occasion d’édification, n’étaient qu’une provocation à l’ivrognerie et à la débauche. Les étudiants parcouraient les rues de Paris en armes, troublaient de leurs cris le repos du bourgeois paisible, maltraitaient le passant inoffensif. En 1276, ils jouèrent même aux dés sur les autels des églises. Le prévôt emprisonnait souvent, et quelquefois exécutait malgré les privilèges … L’Université demandait justice, cessait les leçons et les sermons ; on lui faisait droit ; on rendait les coupables à la justice ecclésiastique, qui les traitait avec sa mollesse ordinaire. Ils ne recevaient que le fouet, quand ils avaient mérité la corde. En effet, les écoliers comme les clercs, ne dépendaient que de la justice ecclésiastique qui ne se montrait sévère que pour les hérétiques et autres mécréants. Les maîtres et les chefs des Nations se chargeaient de réclamer les étudiants arrêtés par la police et le Recteur, si ce privilège n’était pas respecté, interdisait tous les cours et offices religieux.

Néanmoins, comme dit Quicherat, il restait encore dans les caractères un fond d'emportement et d'indomptable sauvagerie qui se manifestait dans les querelles et dans les jeux. Si les mêlées sous les yeux des maîtres n'allaient plus jusqu'au sang ; hors les murs du collège, elles se finissaient souvent par des coups de couteau.

À l'intérieur, subsistaient les mauvais traitements, infligés aux nouveaux ou béjaunes (becs-jaunes) et tolérés plus ou moins sous prétexte de tradition. Les élèves élisaient un abbé des béjaunes pour présider à ces brimades ou béjaunisations [6].

Autre occasion d'excès en tous genres : les farces jouées dans la grande salle ou la cour des collèges à toutes les fêtes du calendrier universitaire. On invitait les collégiens du voisinage et les bourgeois de la ville. Les grands composaient la pièce et tous les collégiens se cotisaient pour payer les frais de représentation allant jusqu'à vendre leurs habits et leurs livres pour se procurer l'argent nécessaire. Le livret de la farce devait avoir reçu l'approbation des maîtres, mais à la représentation, les collégiens improvisaient insolences et obscénités [7].

Pourtant la discipline était féroce, mais la pétulance était plus forte que la crainte. Les châtiments corporels étaient le principal moyen d'obtenir assiduité et obéissance. Tout régent montait en chaire, muni de la férule et châtiait lui-même et fréquemment les actes de dissipation, de paresse ou de simples erreurs dans la récitation des leçons [8], Quicherat nous en donne comme exemple le dialogue suivant (traduit du latin), tiré des œuvres de Vives, entre un magister et son élève [9] . La scène se passe à Sainte-Barbe, Luis Vives et son collègue Gaspard Lax [10] étant entrés dans la classe, le professeur en chaire veut leur en faire les honneurs en interrogeant son meilleur élève :

Le Maître : Enfant, dis-moi en quel mois mourut Virgile?

L'Elève : Au mois de septembre, mon maître.

M.: En quel endroit?

E.: A Brindes.

M.: Quel jour de Septembre ?.

E.: Le 9 des calendes.

M.: Drôle, veux-tu me déshonorer devant ces messieurs? Avance-moi ma férule, retrousse ta manche et tend la main pour avoir dit le 9, au lieu du 10.

Pour les délits plus graves : parler français (et non latin), mentir, jurer, injurier, frapper, ne pas dénoncer de tels actes si on en avait été témoin, c'était le fouet et l'exposition au réfectoire [11].

Jusqu'en plein milieu du XVIe siècle l'enseignement était très proche de ce que l'on a dit de celui des collèges du Moyen Âge et de la caricature qu'en donne Rabelais dans Pantagruel et Gargantua [12]. Le témoignage le plus fidèle est celui de Montaigne [13] qui nous parle de sa vie au Collège de Navarre à Bordeaux en termes très critiques [14].

Il le qualifie de geôle de jeunesse captive et le poète Jean Le Blanc [15], écolier à Lisieux, vers 1560 évoque le martyre des collégiens :

Le fouet pernicieux dont une main pédante

S'arme cruellement et qui chargé de noeuds,

Aprement hérissé d' aiguillons bourgeonneux

Et couvert à grand tort d'une belle verdure,

Fait répandre le sang de la chair la plus dure 

                                        ............................................ 

Quelle horreur quand le sang des fesses rouges raie

Quand la cuisse découvre encore mainte plaie,

Quand les membres, écrits d'un infâme bouleau,

Ne peuvent discerner d'avec le sang, la peau [16].

Quant à la propreté, c'était dans les collèges un principe louable plutôt qu'une pratique rigoureuse. Sauf la chaire du professeur, les classes n'avaient ni bancs ni sièges d'aucune sorte ; le sol était jonché de paille en hiver et d'herbe fraîche en été. Les élèves devaient se vautrer sur cette litière en signe d'humilité [17]. Leur uniforme, une robe longue serrée à la taille par une courroie, ramassait les ordures et couvrait la saleté des corps. À titre d'exemple, le règlement interdisait au réfectoire de porter la main à son bonnet tant était grande la crainte de ce qui pouvait se trouver dessous De là, la renommée proverbiale de la crasse des collèges.

Il ne faut pas croire que la situation de tous les collèges était uniforme. Lacouture [18] oppose à juste titre les deux collèges où le fondateur des Jésuites, Loyola (il avait alors une quarantaine d'années), fit ses études successivement. Du Boulay résume ainsi le principe qui prévaut : "Meurtrir la chair pour mieux graver les choses dans l'esprit et dans le cœur"". Ce principe barbare n'était pas appliqué partout avec une égale rigueur. Pédagogue légendaire mais encore ignoré de lui-même, Iñigo de Loyola peut faire l'expérience tour à tour du modèle le plus implacable au collège de Montaigu et, au collège Sainte-Barbe, d'adaptations relativement modernistes ou humanisantes, qui inspireront sa méthode. Tout semble s'être ligué, l'histoire, la topographie, les personnages, pour dresser face à face Montaigu et Sainte-Barbe, les deux collèges les plus antithétiques, les plus antinomiques. Philosophie, théologie, discipline, principes d'éducation et d'hygiène, tout oppose l'un à l'autre, comme la scolastique à l'humanisme, et, avec d'autant plus de virulence qu'ils sont voisins, imbriqués l'un dans l'autre, enjambant ici et là la misérable rue aux Chiens.

Sur le collège de Montaigu se sont déversés à peu près tous les sarcasmes que pouvait inventer le siècle de Luther et de Rabelais. Le suave Érasme qui y avait passé l'année 1495, avait gardé un souvenir horrifié de ce "collège vinaigre". Dans les "Colloques", il relate cet échange : "Tu viens de Montaigu, la tête couverte de lauriers ? - Non, de poux..." Rabelais qui y fut aussi, parle du "collège de pouillerie" et traite son recteur, Pierre Tempête ("horride tempestas"), de grand fouetteur d'enfants.

Quant à la pédagogie de ce collège, il la résume par la personnalité de deux recteurs successifs [19] : Jan Standonk, mort en odeur de quasi sainteté (il avait la réputation de convertir les hérétiques à l'heure du bûcher), et qui semblait n'avoir pour règle que de faire payer aux adolescents la misère et les épreuves de sa propre jeunesse. Ce "saint" avait entrepris de régénérer la jeunesse par la mortification, et les "pauvres" par de particulières humiliations : le crâne rasé, harnachés d'un froc à capuchon qui les faisait surnommer "capettes", voués au rôle de domestiques à toutes mains, ils devaient tenir les yeux baissés, au bas de la classe, et vivaient dans un enclos à part, sous l'autorité d'un "père" distinct du principal. Loyola en fait ne connut que le second : Noël Beda procureur, grand fournisseur de bûchers ... comme si son rôle de syndic de la faculté de théologie ne suffisait pas à inspirer la terreur, il s'était fait nommer principal de Montaigu. C'est un personnage qu'on dirait sorti d'une très horrifique chronique des temps révolus. Entre mille sarcasmes que suscitait son intolérance, on retenait qu'Érasme, en ses "Colloques", ne l'appelait jamais que "bêta" - au risque d'attirer les flammes du bûcher où le théologastre rêvait de le hisser, ce Quasimodo de l'intégrisme scolastique.

En dépit de ces conditions atroces, les écoliers de Montaigu arrivaient quand même à apprendre suffisamment de latin et de grammaire latine pour pouvoir suivre, comme le fera Loyola, les cours du collège d'"en-face", Sainte-Barbe qu'il appelait le "collège des arts" et où enseignait Mathurin Cordier que nous retrouverons comme principal à Nevers. Sur Montaigu, il faut lire aussi les textes de celui qui avec Érasme et Budé fut un fondateur de l’Humanisme, Jean Louis Vivès qui étudia aussi dans ce collège [20].

L'EMPLOI DU TEMPS

Voici à titre d'exemple l’emploi du temps d'un jour ordinaire :

Réveil à 4 h. du matin (en été), (5h. en hiver).

5 h. : 1ère leçon (1 h.)

6 h. : messe, déjeuner (un petit pain), repos.

8 h. à 10 h. : grande classe

10h. à 11 h. : exercices.

11 h. : dîner au réfectoire

12 h. : interrogation sur les leçons du matin.

14 h. : repos : lecture publique d’une œuvre de poète ou orateur.

15 h. à 17 h. : classe

17 h. : exercices d'application.

18 h. : souper.

19 h. à 20 h. : interrogations.

20 h. : office dans la chapelle : Salut.

21 h. : Couvre-feu. (à 23 h. pour les maîtres et élèves autorisés).

Récréations : le mardi et le jeudi après 17 h. : jeux ou promenade. 

Jours de fêtes : occupés par des "dévotions" et "leçons d'agrément" (hors programme)

Fin août : cérémonie de clôture de l'année scholastique : présentation par les élèves de manuscrits ou poèmes dans la cour du collège sur des draps tendus. Parfois, remises de petites récompenses.

Congés d'été : les Vendanges : mois de septembre. Le terme vacances est réservé à l'Université où elles durent les trois mois d'été.

Explication de cet emploi du temps.

La cloche sonnait à quatre heures du matin et un élève de la première classe de philosophie faisait le tour des chambres pour presser les traînards et allumer les chandelles [21] . À cinq heures commençait la première leçon d'une heure. Puis on allait à la messe, après celle-ci, déjeuner d'un petit pain sortant du four, suivi d'un temps de repos. De huit à dix : grande classe du matin, suivie d'exercices jusqu'à onze heures. Dîner au réfectoire : une table pour le principal et les régents, entourée des tables pour les élèves, chacune présidée par un servant de semaine ou architriclin qui portait en signe d'autorité sa serviette nouée sous le menton. Le repas, un plat de viande et un plat de légumes durait une heure. Au commencement et à la fin, on lisait un chapitre de la Bible ou d'une vie de saint. Il s'achevait par une action de grâce dite par le chapelain qui rappelait la mémoire des fondateurs et bienfaiteurs du collège. Le principal profitait de cette occasion pour ses admonestations publiques et pour annoncer les corrections exemplaires.

Après le repas, à midi donc, interrogation sur les leçons du matin, puis repos d'une heure, rempli par la lecture publique de quelque poète ou orateur de peur que le diable ne trouve l'homme en oisiveté [22]; classe de trois à cinq puis exercices sur cette leçon pendant une heure. Le souper était servi à six heures et durait une heure. Nouvelle séance d'interrogation pendant une heure, office dans la chapelle (le salut) puis coucher. Le couvre-feu était sonné à neuf heures. Les maîtres et les élèves autorisés pouvaient laisser brûler leur chandelle jusqu'à onze heures.

Les récréations au sens propre n'avaient lieu que le mardi et le jeudi où les élèves, après les cours du soir pouvaient jouer, ou étaient conduits en promenade. La plupart des fêtes quoique très nombreuses se passaient en exercices de dévotion et en leçons "d'agrément" sur des sujets extérieurs au programme. (Les autres étaient l'occasion des farces dont nous avons parlé plus haut). Les enfants ne rentraient chez leurs parents que pour le mois de septembre : les vendanges, le terme de vacances était réservé pour la cessation des cours et des examens des Facultés supérieures pendant les trois mois d'été.

À titre d'illustration, voici le récit du début de la journée d'un collégien au XVIe siècle. Ce récit se présente sous la forme d'un dialogue entre le Maîstre et l'Enfant [23]

Le Maistre [24]: À quelle heure vous estes[25] vous éveillé ce matin ? 

L'Enfant : Avant le jour : je ne sçay à quelle heure

M. Qui vous a éveillé ?

E. Le réveilleur[26] de la semaine est venu avec sa lanterne, il a heurté fort à la porte de ma chambre, quelqu'un a ouvert, & l'éveilleur a allumé notre chandelle, & il a crié bien haut, tout le monde s'est éveillé

M. dites moy par ordre tout ce que vous avez fait depuis ce temps-là, jusqu'à ce que vous ayez achevé de déjeuner......

E. Estant éveillé, je me suis levé du lit, j'ay mis ma camisole avec mon pourpoint, je me suis assis sur une escabelle, j'ay mis mon haut de chausse & mes bas, je me suis chaussé, j'ay lié mon haut de chausse avec des éguillettes à mon pourpoint ; j'ay lié mes bas avec des jaretières sur le genoüil ; j'ay mis ma ceinture, je me suis bien peigné, j'ay mis mon chapeau, j'ai mis ma robe, ensuite je suis sorty de la chambre, j'ai descendu en bas, j'ai pissé dans la cour contre la muraille, j'ay pris de l'eau fraîche au seau, j'ay lavé mes mains & mon visage. Cependant on a sonné la Prière & la Messe avec la petite cloche, on s'assemble en particulier dans la salle, nous prions Dieu ensemble, nous recevons l'un après l'autre nôtre déjeuner du Cuisinier ; nous déjeunons dans la salle estant assis en repos, sans bruit & sans causerie ; j'ai adverty en amy ceux qui causoient, qui badinoient, & qui disoient des paroles inutiles, & ceux que j'ay veu immodestes ; ceux qui n'ont pas voulu obéir à mon advertissement, je l'ay dit à l'Observateur[27], afin qu'il les marque.

M. N'y avoit-il personne qui prist garde à vous, pendant que vous déjeuniez ?

E. Monsieur le sous-Maistre

M. Que faisoit-il cependant ?

E. Il se promenoit au milieu de la sale, tenant un Livre en ses mains & avertissant souvent l'Observateur de marquer ceux qui causoient mal à propos.

M. N'est-il pas permis de dire un seul mot ?

E. Oüy, il est permis. Mais on a accoûtumé de marquer ceux qui causent mal à propos, & long temps, & sans utilité, & qui disent beaucoup de paroles ; au reste, tout le monde peut s'entretenir de choses agréables, bonnes & honnestes, pourveu néantmoins que cela se face modestement, sans crier & sans disputer....

M. Continuez donc à nous raconter le reste par ordre.

E. Tandis que nous achevons de déjeûner, on sonne le dernier coup. Chacun prend ses livres[28], nous allons dans la salle commune, on lit le Catalogue à l'ordinaire : ceux qui sont présens répondent à leur nom, je réponds aussi : on marque les absens dans le catalogue ; après qu'on a achevé de lire ce catalogue, Monsieur[29] monte dans la chaire pour faire la prière, il nous ordonne d'y estre attentifs & en suite il l'a fait publiquement ; estant achevée il nous dit de prendre chacun notre compagnon, on s'assemble, je viens avec les autres, je m'assis à ma place, Monsieur s'informe des absents en entrant, en suite il s'assit dans sa chaire & il dit de lire le texte de la leçon, nous le lisons trois à trois, comme nous avons accoustumé tous les jours. Après il nous fait expliquer, quelcun des moins sçavans lisent un à un, & nous nous expliquons trois à trois par cœur, hormis celuy qui dit auparavant le texte ; enfin, Monsieur demande la signification françoise des paroles : les plus sçavans à qui il s'adresse particulièrement, répondent, & moy je réponds aussi après qu'il me l'a commandé : il loüe ceux qui ont bien répondu, du nombre desquels je suis quelquefois sans me vanter. Il commande de faire par ordre les parties d'oraison[30], selon les règles de la Grammaire ; enfin il prescrit publiquement ce qu'on doit faire après disner. Après huit heures sonnées, il commande la prière, laquelle estant faite, il nous avertit de bien faire nostre devoir, puis il nous renvoye, il nous regarde sortir par ordre & sans bruit, & nous nous en allons tout gais.

Comme on le voit, il s'agit de l'emploi du temps entre quatre ou cinq heures du matin et huit heures, où commence la première classe du matin. Les élèves révisent la leçon de la veille, ils doivent la restituer par cœur, seuls, ou par groupes de deux ou trois, ainsi que les explications, l'exposition et l'argumentation ou questions, comme expliqué ci après.

Ce dialogue, écrit en latin, est en fait, une leçon pratique de langue. Il fallait en effet que les élèves n’utilisent au collège que le latin, aussi bien pour s’exprimer en classe, qu’entre eux, pendant les récréations. Ils devaient donc apprendre tous les mots utiles, même les plus triviaux. Maturin Cordier, comme l’avait fait, Érasme, imagina donc une série de dialogues d’une à deux pages, permettant un apprentissage progressif de tout le vocabulaire pratique. Les élèves les apprenaient par cœur et les jouaient entre eux, pour se familiariser avec cette langue. Pour leur faciliter le travail, Cordier fut le premier à accompagner ses textes latins d’une traduction dans une édition bi-lingue. C’était une méthode « vivante » d’apprentissage du latin. Ce manuel est, pour nous, une mine de renseignements sur la vie dans les collèges et sur la société du XVIe siècle.

LA PÉDAGOGIE

Il faut bien comprendre qu'au moyen âge, la notion de science se confondait avec celle d'autorité. Il n'était pas question d'apprendre des connaissances en dehors de la lecture et du commentaire des œuvres des auteurs autorisés. La leçon était donc une lecture commentée de ces textes. Le professeur lisait et les élèves écoutaient. Le maître donc, lisait à haute voix l'œuvre au programme, en accompagnant cette lecture, page par page et même mot par mot, de deux développements successifs : l'exposition et l'argumentation ou questions ; la première consistait à montrer les raisons et les conséquences de chaque partie du texte et de chaque phrase ou terme employé par l'auteur; les questions faisaient apparaître les propositions susceptibles d'être interprétées ou discutées en deux sens contraires et on résolvait les difficultés par des syllogismes permettant de conclure par l'affirmative ou la négative (pro ou contra).

L'exposition et l'argumentation ne devaient pas être lues, mais abondamment débitées par les maîtres qui prêtaient serment de ne jamais écrire ni lire leurs commentaires : précaution prise par l'Université pour les obliger à préparer leurs leçons. La plupart des élèves ne possédant pas le livre étudié en classe devaient retenir de mémoire ou à l'aide de notes partielles, prises sur leurs "livres" (comme on l'a vu plus haut), non seulement le texte mais aussi les commentaires. Au cours du XVe siècle, malgré leur serment, les professeurs finirent par dicter les points principaux de leur enseignement du jour. Cette pratique autorisée par le Cardinal d'Estouteville en 1452 fut institutionnalisée dans le règlement de 1491 qui décida que la petite classe du matin serait consacrée à cette dictée, mais cela ne représentait que peu de choses, puisqu'à Paris en 1502, la ration de papier assignée à chaque élève pour ces dictées n'était que de trois feuilles par semaine [31].

Comme les élèves devaient pratiquement apprendre par cœur les textes et les commentaires, deux sortes d'exercices étaient pratiqués : la réparation et la dispute. La première consistait à se recorder mutuellement (par groupes de deux ou de trois comme on l'a vu plus haut) la leçon entendue jusqu'à ce qu'ils puissent la répéter tous, à peu près dans les mêmes termes [32]. Dans les disputes, ils argumentaient deux à deux sur les questions posées par le maître, l'un argumentant pro et l'autre contra [33]. Un élève de la classe de philosophie (l'Observateur noté plus haut) était là pour les corriger, surveiller les débats et noter les paresseux. 

La dispute était l'exercice majeur et devenait de plus en plus importante au fil des études. En plus des disputes quotidiennes dans les classes, il y en avait une, en commun, dans la grande salle du collège, tous les samedis soir et veilles de fêtes carillonnées : (jours aristotéliques). Les candidats bacheliers disputaient un mois entier, au Collège, en guise de préparation et après l'examen de bachelerie, disputaient encore pendant un mois, publiquement, dans la rue du Fouarre. Pendant la préparation de la maîtrise, qui durait un an, les étudiants ne faisaient que cela (sur la logique, la dialectique, la géométrie et l'astronomie).

Cette pédagogie développait certes des qualités oratoires, mais formait des ergoteurs et des outrecuidants plutôt que des penseurs et des savants. Voilà pourquoi elle sera sévèrement critiquée par les humanistes des XVe et XVIe siècles qui préconisèrent à la place, des exercices écrits de composition sur des sujets donnés. Déjà on avait introduit de courtes compositions en vers ou en prose, mais jamais plus d'une fois par semaine, et à faire pendant la classe, en manière d'improvisation.

Les exercices écrits étant ainsi réduits à très peu de choses, le mérite des élèves ne pouvait se juger qu'à leurs réponses aux interrogations orales et à leur assurance dans les disputes. Il n'y avait donc aucun classement officiel. La seule ambition des écoliers était de briller aux examens et de recevoir les grades universitaires. Cependant, fin août, juste avant les "vacances" des "vendanges", une cérémonie publique clôturait les cours et les enfants présentaient au public, accrochées sur des draps blancs, des pages d'écriture, ou des pièces de vers, ou autres compositions. Il y avait même parfois un concours après lequel étaient distribuées des récompenses. La pratique des compositions écrites et des distributions de prix ne se développera que plus tard sous l'influence des Jésuites.

Pour donner une idée du peu d'intérêt des sujets de "disputes" dans les classes voici quelques passages d'une interrogation d'un élève (le meilleur de la classe) par son professeur, d’après Luis Vives. Le début de cette interrogation a été cité plus haut [34].

-le Maître : Salluste, au commencement de son Catilina a-t-il écrit omneis homines ou omnis homines ?

-l'Eleve : L'opinion générale est qu'il a mis omnis, mais moi je suis d'avis qu'il a pu écrire omneis et qu'il faut orthographier, contre l'habitude des imprimeurs, omneis par ei, et non par un i simple.

-M.: Comment s'appelait le frère de Rémus et comment avait-il la barbe ?

-E.: Les uns, mon maître, disent qu'il s'appelait Romulus, d'autres Romus, d'où le nom de Roma, mais que par terme d'affection on le nomma du diminutif de Romulus. Lorsqu'il allait à la guerre, il n'avait pas de barbe; mais il en portait une longue en temps de paix. C'est ainsi qu'il est représenté en couleur sur les Tite-Live imprimés à Venise.

-M.: Comment Alexandre se releva-t-il, lorsqu'il tomba par terre en touchant pour la première fois le sol de l'Asie ?

-E.: En s'appuyant sur ses mains et en levant la tête.

Rabelais en caricaturant ce type de questions invente des sujets de dispute qui ne sont guère plus stupides que ceux-ci [35].

Même en faisant la part de la caricature et de la moquerie de J.L.Vivès [36] qui est l'un des humanistes réformateurs dont nous avons parlé plus haut, cette interrogation nous donne cependant une bonne idée de la futilité et de la puérilité des sujets de disputes de cette époque.

LES EXAMENS : BACCALAURÉAT, MAÎTRISE

Pour donner une idée de ces examens, prenons l'exemple de Loyola [37]. Cet exemple est d'autant plus justifié que son séjour comme étudiant à Paris se situe au cours de cette décennie qui va de 1525 à 1536, que Lacouture a bien raison de qualifier de prodigieuse, et qui marque le temps fort de la Renaissance française. Décennie marquée par la polémique (1525) entre Erasme (De librio arbitrio ) et Luther (De servo arbitrio ) sur la liberté de l'homme, tiraillé entre sa nature et son libre arbitre d'une part, et la toute puissance divine et sa grâce d'autre part ; la création du Collège des trois langues (grec, latin et hébreux), futur Collège de France, par François Ier (1530) ; la diffusion du premier livre de Rabelais : Pantagruel (1532) et la publication de l' Institution de la religion chrétienne de Jean Calvin (1536).

Loyola donc passa l'examen du baccalauréat en mars 1532, après plus de trois ans d'études au Collège Sainte-Barbe (précédées d'une année à Montaigu). Il avait alors quarante et un ans (il était né en 1491 et était arrivé à Paris le 2 février 1528). Il se présenta en l'abbaye de Sainte-Geneviève devant un jury de quatre examinateurs, un par nation. L'unique épreuve ou "déterminance" consiste à determinare quaestionem, soutenir une argumentation sur une question donnée. Il fut reçu trentième sur une centaine de candidats. La coutume voulait que tout "bachelier" ou "déterminant" fêtât son succès en offrant une sorte de banquet. On disait "prendre la pierre". Il en coûtait un écu d'or au lauréat, ce qui pour l'époque était beaucoup.

Pour la maîtrise, il y avait en plus, des taxes et épices à payer à divers notables de l'université, sans parler des festivités à offrir aux étudiants [38]. L'épreuve finale en vue de la maîtrise comportait deux examens : l'un privé ou "in cameris", le "quodlibetarius", c'est-à-dire portant sur n'importe quoi, "au hasard de la fourchette" de l'examinateur, qui se déroulait dans l'église Saint-Julien-le-Pauvre ; l'autre public, à Sainte-Geneviève, devant un jury présidé par le chancelier de l'université. Puis, à une date fixée par le recteur, les lauréats étaient réunis revêtus du costume de cérémonie et conduits devant le même chancelier qui leur donnait, avec la "licence", sa bénédiction apostolique.

Iñigo de Loyola reçut l'une et l'autre à Sainte-Geneviève, le 13 mars 1533, écrivant à sa bienfaitrice de Barcelone, Inès Pascual : "J'ai reçu, ce carême, le titre de maître et j'ai été forcé de dépenser en cette circonstance bien plus que je ne voulais et pouvais, de sorte que je suis tombé par là dans un grand embarras"... 

L'université n'accordait le titre de maître ès arts et les privilèges afférents, qu'à ceux qui se faisaient agréer par la corporation des maîtres au cours d'une cérémonie solennelle dite "inceptio" (ou commencement). Après avoir prêté serment de respecter les droits, statuts et libertés de leur faculté et de leur "nation", les récipiendaires se rendaient en procession à l'école de la rue du Fouarre où ils devaient présenter une argumentation analogue à celle qui leur avait été imposée pour la licence. Ils recevaient enfin le bonnet carré ou "birettum" [39], insigne de la dignité de "maître ès arts" - que Loyola devait désormais porter jusqu'à la mort, ne dédaignant pas d'être par tous, appelé "maître".

Du Boulay fait très finement observer que la licence, ou pouvoir d'enseigner, était conférée par le chancelier au nom de l'Eglise qui, de ce fait, contrôlait le fond de l'enseignement ; la maîtrise n'étant que l'agrégation à un corps constitué d'où dépendait l'administration des écoles devait donc être conférée par ce corps, c'est-à-dire par l'université.

On a plusieurs fois parlé des "nations", rappelons que les étudiants et professeurs, à la faculté des arts de l'Université de Paris, étaient divisés en quatre "nations" ; Normandie (Normands et Manceaux), Picardie (Picards Artésiens et Wallons), Allemagne ou Angleterre (Germains, Flamands, Anglais et Ecossais) et France (Parisiens, méridionaux, Italiens, Espagnols, Portugais, Turcs et Egyptiens).

Cette Université comptait au début du seizième siècle, environ 12 000 étudiants, dont une moitié d’étrangers [40]. Thurot a pu faire une estimation de ses effectifs à la fin du XVe siècle [41]. Pour la Nation de France, environ 390 ; Nation de Picardie, environ 177 ; Nation de Normandie, même nombre ; Nation Anglaise, environ 60 ; soit un total d’environ 804 étudiants. Selon lui il est probable que le nombre des étudiants était moindre au XIVe siècle. Il y aurait donc eu une augmentation considérable des effectifs en quelques années. C'était une république de professeurs composée de quatre facultés - de théologie, de médecine, de droit et des "arts" (que nous nommerions aujourd'hui des lettres et des sciences). Un doyen était à la tête de chaque faculté, un procureur à la tête de chaque nation [42].

Quant au recteur de l'université, qui gouvernait la faculté des arts tout entière et en même temps l'Université, il était élu parmi les maîtres de la faculté des arts qui avait le pas sur les trois autres, fruit de l'évolution provoquée par les progrès de l'humanisme. Les affaires courantes étaient traitées à son tribunal où il siégeait, assisté des chefs des nations et de ceux des facultés, les affaires extraordinaires se traitaient en assemblées générales qu'il présidait. On élisait un maître jeune, en qui l'âge n'eût pas mis trop de circonspection comme le précise Quicherat : Il devait être changé tous les trois mois, sans qu'aucune considération de mérite ni prétexte d'intérêt public pût le faire réélire, car comme on voulait avoir en lui un chef et non un maître, on jugeait prudent de ne pas le continuer au pouvoir, de peur qu'il n'en prît le goût [43].

Donc, la faculté des arts seule contribuait à l'élection du recteur, élection à deux degrés. Les maîtres choisissaient quatre électeurs, un de chaque nation, qui désignaient dans la journée le nouveau recteur, un professeur recommandé par son enseignement et par sa bonne conduite. Dès sa nomination, son prédécesseur lui mettait le béret sur la tête, la mante fourrée d'hermine sur les épaules et en écharpe un sachet de velours où était le sceau de l'Université avec les clefs de la caisse commune.

Alors, un jeune homme dont l'unique fortune était souvent les habits qu'il avait sur le corps, devenait non seulement l'arbitre de ses consorts mais encore un personnage important dans l'Etat. S'il était appelé au Parlement, il siégeait à côté des barons, s'il mourait dans l'exercice de ses fonctions, il était enterré à Saint-Denis avec les rois, si les privilèges du corps avaient été violés, il pouvait suspendre à la fois les exercices scolaires et la prédication, c'est-à-dire jeter l'émeute dans la ville et le trouble dans les consciences.

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[1] Quicherat op. cit. .p.73 à 82. Quicherat s'appuie sur :

Du Boulay, Histoire de l'Université tomes V et VI;

Estienne Pasquier, Recherches sur la France, I.IX, chap.XVII;

Buchanan, Quam misera sit conditio docentium litteras humaniores Lutetiae, Oeuvres Complètes, tome II, p.21;

Thurot, De l'organisation de l'enseignement dans l'Université de Paris au moyen âge, p.38 et suivantes.

Gouget, Mémoire historique sur le Collège royal de France, part.II, p.178;

Richer, Historia academiae parisiensis (Ms suppl. lat. de la B.N., I, III, c.XIII.

Autres sources citées plus loin.

[2] Rappelons que les étudiants étaient souvent très âgés pour diverses raisons, voir plus haut ce qui a été dit des collèges parisiens. Ignace de Loyola commença ses études au Collège de Montaigu alors qu'il avait près de quarante ans.

[3] Noël du Fail (1520 – 1591), Disputes entre Lupolde et Eutrapel, in les Contes et discours d'Eutrapel , chap. XXVI p. 301. Ed. par J.M. Guichard, Paris 1842. cité aussi par Quicherat avec une variante : ferratis passibus. op.cit. p.76 .

[4] voir plus loin : les notes sur la vie de Ramus, Pierre de la Ramée fit ainsi ses études, Guillaume Postel fut domestique de John Buchanan à Sainte-Barbe

[5]Thurot, De l’organisation de l’enseignement dans l’Université de Paris p. 40.

[6]Ducange (Charles du Fresne, seigneur de) Glossarium ad scriptores mediae et infimae latinitatis (1678) aux mots : Beanus, Bejannare, Bejaunium. Cité par Quicherat op.cit.p.80.

[7]DuBoulay, Histoire Université de Paris tome V, p.782.

[8].Une allusion de Montaigne nous éclaire sur cette sévérité : il en fut foité, tout ainsi que nous sommes en vos vilages pour avoir oublié le premier Aoriste de tùpto (je frappe, verbe modèle de la grammaire grecque, et jeu de mot avec fouetter). Le motif est vraiment sans aucune importance. Montaigne, Essais, Livre I, cap. XXV, ed. Garnier, p. 152.

[9] Voir plus loin un autre extrait de ce même dialogue

[10]Gaspar Lax de Sarenina (1487-1560) théologien et mathématicien, fut professeur à Montaigu (1509-1516) où il eut Juan Luis Vives comme élève puis comme collègue.

[11].Erasme, Colloquia, dialogue intitulé : Euntes in ludum litterarium.

[12] voir même chapitre un peu plus loin.

[13]Essais (1.28): De l'Institution des Enfants.

[14]Voir aussi : P.Porteau,Montaigne et la vie pédagogique de son temps, thèse, Paris 1935, (in 8°), 330 p.

R. Muchembled, L'enseignement protestant au XVIe siècle in Information Historique N°4 de 1970.

[15] In : Annales poétiques, Paris, 1779, tomes XI et XII.

[16]in Albert-Marie.Schmidt, Etudes sur le XVI e siècle, A. Michel Paris 1967 p.264. Les poèmes de Jean Le Blanc ont été publiés in Annales poétiques, Paris, 1779, tomes XI et XII (XVIe siècle).

[17] "Ut occasio superbiae a juvenibus secludatur". Statut de 1452, dans Du Boulay, op.cit. p.572.

[18]Lacouture, Jésuites, tome 1 pp. 58 à 60.

[19]id

[20]J.L.Vivès, Exercitatio linguae latinae, notamment chap. intitulé Refectio Scholastica .

[21]pour cette partie nous suivons le cap.X de Quicherat op.cit.pp.83 à 92.

[22] "ne diabolus hominem inveniat otiosum" : Robert Goulet, Heptadogma seu Septem pro erigendo gymnasio documenta. cap. IV cité par Quicherat, op.cit.p.84. Cet Heptadogma est la dernière partie du Compendium. De Robert Goulet. Voir titre complet dans la Bibliographie.

[23]in: Les Colloques de Mathurin Cordier, divisés en quatre livres traduits de latin en françois... par Gabriel Chapuis Paris 1586, Livre II, Colloque LIV, pp. 208 à 215.

[24]ce terme est la traduction de Paedagogus, il désigne le régent ou professeur ou pédagogue.

[25] nous respectons l'orthographe de l'édition de 1586 dans tout ce texte.

[26]un élève de la classe supérieure, philosophie, chargé de réveiller toutes les chambres (en latin : excitator).

[27] de même, un élève de la classe de philosophie était chargé de surveiller les élèves pendant leurs heures de repos ou d'exercices et de noter les paresseux ou ceux qui se dissipaient. (en latin : observator).

[28] Il s'agit en fait des "cahiers" sur lesquels les écoliers notaient les leçons.

[29]ce mot est ici la traduction de Magister , il désigne en fait le Principal du collège.

[30] il s'agit d'expliquer la construction des phrases (oraisons) selon les règles de syntaxe.

[31]Félibien, Histoire de Paris, tome III p.727 cité par Quicherat id. p.87

[32]Rabelais fait une excellente caricature de cette méthode dans Gargantua : le précepteur de son héros, Maistre Thubal Holoferne ... lui aprint sa charte (alphabet collé sur un morceau de carton) si bien qu'il la disoit par cueur au rebours; et il y fut cinq ans et troys mois.cap.XIV, ed. Livre de Poche, p.141

[33]Même remarque, le précepteur de Gargantua luy leugt "De modis significandi", avecques les commens (commentaires) de Hurtebise... et un tas d'aultres, et y fut plus de dix huyt ans et unze moys. Et le sceut si bien que au coupelaud (mis à l'épreuve), il le rendoit par cueur à revers, et prouvoit sus ses doigtz à sa mère que "de modis significandi non erat scientia"(que les "modes de signifier", formes de discours, n'étaient pas de la science), bel exemple de l'inanité des sujets de "disputes".

[34]J.L.Vivès, Dialogus qui Sapiens inscribitur. cité par Quicherat id. p.88.

[35] voir note plus bas.

[36]sur Vivès voir note dans chapitre sur les idées pédagogiques au XVIe siècle.

[37]Nous suivons Lacouture op. cit. pp. 72 à 74

[38] id. pp. 73 et 74

[39]la "barrette" sera un signe distinctif des jésuites. Lacouture reproduit page 74 (op. cit.) le diplome remis à Loyola le 14 mai 1534

[40] de 5 000 à 30 000 suivant les auteurs.

[41] Thurot op. cit. p. 41, note.

[42]pour les détails de ce paragraphe et des suivants, nous suivons Quicherat, op. cit., tome 1, pp.54 et suivantes, id pour les citations.

[43] cette disposition tomba en désuétude peu à peu car nous verrons que, par exemple, le nivernais Tixier de Ravisy ou Rollin à qui nous consacrons plus loin une étude, furent réélus plusieurs fois de suite.